Réalisation d'un jardin médiéval à Saint Martin le vieil (Aude)
Le projet de ce jardin s'inscrit dans le programme "site pôle pays cathare" du Conseil Général de l'Aude.
Saint Martin et son abbaye de Villelongue font partie de ce projet qui comporte un double volet. Le volet "cœur de village" qui vise à rénover les places, les rues : le maître d'ouvrage est la commune.
Le volet "jardin et tours": où la communauté de communes est maître d'ouvrage.
Le jardin représente une rosace. Elle est en maçonneries pierres sèches et offre un parcours piétonnier original. C'est un clin d'œil à la rosace disparue de l'abbaye cistercienne et à ce titre est d'inspiration médiévale.
Ce jardin doit servir d'écrin aux deux tours qui doivent être sécurisées et restaurées dans la suite du programme.
La rosace est réalisée en maçonnerie de moellons de pierre, appareillée en pierre sèche ; le cœur de la maçonnerie est montée en mortier de chaux hydraulique naturelle, sans jointoiement de surface, les joints de parements sont laissées en retrait. Le moellon de pierre est taillé et posé non assisé par calage.
La maçonnerie à joints vifs désigne une maçonnerie de pierres de taille appareillées sans liant. Les pierres, extraites de carrière, ont leurs faces soigneusement dressées pour s'ajuster aux pierres qui les jouxtent.
La maçonnerie à pierres sèches (ou à sec ou sèche) est la pose de moellons, de plaquettes, de blocs, de dalles, bruts ou ébauchés, sans recourir à un quelconque mortier à liant, pour monter un mur, un voûtement. On ne la confondra pas avec la maçonnerie à joints vifs, qui désigne une maçonnerie de pierres de taille sans mortier.
La maçonnerie à sec se trouve employée pour la confection d'une part de murs extérieurs (de clôture, de démarcation, de soutènement, d'épierrement, etc.), d'autre part de murs d'habitations rurales et de bâtiments annexes.
Le matériau d'élection de ce type de maçonnerie est généralement un matériau provenant de zones proches de la surface du sol, soit issu du dérochement lors de la construction de champs ou de terrasses, soit fourni par l'épierrement des parcelles cultivées; plus rarement, c'est un matériau extrait de découvertes ou de carrières.
Lors des travaux agricoles (défonçage, labour, piochage, etc.) en terrain à substrat rocheux affleurant, le paysan débarrasse sa parcelle de la pierre qui est remontée, en la portant à un tas ou à un mur. En région calcaire, ce matériau provient de la partie superficielle du socle rocheux, laquelle, sous l'effet du gel périglaciaire il y a plusieurs dizaines de millénaires, s'est clivée en strates et fracturée en blocs arrondis, en dalles, en plaquettes, etc., en conformité avec sa structure (phénomène de macrogélifraction). Ce n'est donc pas un matériau de qualité comme la pierre de taille qui vient de bancs plus profonds : il est, en règle générale, friable, gélif, peu résistant.
Il serait toutefois illusoire de croire qu'un mur en pierres sèches, même bien fait, est inférieur de très loin à une quelconque limousinerie. Simplement, sa construction, du fait de l'absence de mortier et, partant, d'adhérence entre les éléments, doit obéir à plusieurs règles dont le respect exige davantage de travail et de soin :
- L'emploi, comme assise, du socle rocheux lorsqu'il affleure, après l'avoir préalablement dégagé et assaini;
- La disposition, lorsque le sol est de terre ou de cailloutis, de fondations de gros blocs;
- Le ménagement d'un fruit au parement (dans le cas principalement d'un mur de soutènement, lequel doit résister à une poussée latérale);
- L'édification d'assises horizontales autant que le matériau le permet (puisque la charge transmise, correspondant au poids propre de la maçonnerie, est verticale);
- La pose des pierres dans le sens du lit de carrière et jamais en délit, de manière à ce qu'elles n'éclatent pas sous le poids de la maçonnerie;
- Un ajustage serré des pierres de façon à avoir des joints réduits au minimum;
- Le remplissage des interstices entre les pierres par des éclats de calage, voire de la terre;
- L'imbrication verticale des pierres de façon à obtenir des joints croisés (ou découpés);
- Un enchevêtrement transversal des pierres : boutisses, carreaux et parpaings;
- Le pendage intérieur ou extérieur des pierres selon que l'on veuille une meilleure résistance aux poussées latérales (pour les murs de soutènement) ou une meilleure imperméabilité du parement (pour les murs de soutènement également);
- La pose de blocs plus lourds et plus allongés dans les deux dernières assises de façon à renforcer le liaisonnement (ce rôle peut être tenu également par une faîtée de grandes dalles posées à plat ou transversalement sur la tranche).

Les moellons bruts sont, par définition, non taillés. Ils peuvent être :
- de forme quelconque,
- naturellement équarris, c'est-à-dire présentant d'eux-mêmes une face de parement grossièrement rectangulaire ou trapézoïdale,
- lités, c'est-à-dire présentant, en plus d'une face de parement, des faces de lit et de joint plates et parallèles.
Les moellons ébauchés sont sommairement taillés de façon à avoir leurs quatre arêtes de parement d'équerre, vives et bien dressées, et des retours d'équerre en face de lit et de joint. La taille de leur parement peut être (entre autres possibilités) :
- tranchée (en frappant sur des coins introduits dans des logements),
- éclatée (en détachant du parement des éclats à coups de têtu frappé le long des arêtes),
- smillée (c'est-à-dire frappée à la smille ou à la broche).
Quelques photos de cette réalisation :
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